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  • De l'orangeade, une grosse caisse à outils et beaucoup de rock'n'roll

    La déroute : après son incarcération dans les wc et le choc psychologique consécutif à un tel enfermement, Gérard n'a plus refait surface...

     

    Je ne sais que penser, ni comment donner suite à ces événements forts facheux pour notre cabinet de renom.

     En attendant d'en savoir plus sur son état physique et mental, toute l'équipe médicale a décidée, grandement motivée par les poursuites potentiellement promises par les agents du fisc, de mettre les bouchées doubles afin de combler le vide creusé par l'absence du roi de l'intrafessier, du ponte du pontage, mon collègue et ami le docteur Gérard Pangloss.

     

    Devant les lourdes responsabilités nouvellement réparties, chacun y mit du sien, et, au sortir d'une semaine exténuante nous décidames de nous réunir tous, afin de copieusement nous saoûler pour d'une part nous congratuler de nos bons résultats : avoir convaincu Eddy Mitchell de se faire implanter de nouvelles prothèses pour les deux hanches, en platine,  et les lui avoir posées en mois de deux jours, avoir greffé des saucisses de strasbourg à la place des cheveux à Whoopy Goldberg, avoir effectué 13 lipposuccions, 11 ravalements de la face - dont 7 sur des présentateurs de tf1 et 2 sur des archevèques du Vatican, et d'autre part pour établir un bilan de cette rentrée et nous raconter nos merveilleuses vacances .

     

    Notre vieille Josiane avait bu plus que de coutume, et tel l'âne Gédéon de Zola, commençait à perdre les notions les plus élémentaires de l'équilibre.

    Ernesto, le jardinier du centre, exceptionnellement et pour la première fois convié parmi les cadres de l'équipe, avait cru bon d'incruster Lucia, sa camarade chargée du renouvellement des décorations du cabinet.

    Les malheureux, habitués qu'ils étaient à des repas de pauvres furent d'un coup projeté dans un monde différent du leur, et ils rendirent vite leur souchis farcis de caviar, puis se sentant de plus en plus mal, saoulés par la malheureuse dizaine de bouteille de Laurent Perrier qu'ils venaient de s'enfiler, ils s'allongèrent sur le ventre suintant de Josiane.

     

    Une fois ces deux-ci et la vieille endormis, la morphine coula à flot et un arrivage très frais de cocaïne colombienne nous fût immédiatement proposé par le chef cuisinier !
    Carolina, la nouvelle psychiatre du cabinet, se mit à danser nue sur les tables en riant aux éclats.

    Rythmée par les blagues toujours osées de Joseph, l'anesthésiste, la fête battit son plein jusqu'à ce que quelqu'un proposa de déménager notre sauterie vers l'appartement de Thierry Beccaro.

     

    Au seul nom de Thierry Beccaro, Ernesto se leva du divan où il reposait, puis le regard fixe et le visage immmobile et totalement inexpressif, il commença à s'approcher de moi d'une démarche saccadé de robot.


    Dans la folie de la fête personne, à part votre serviteur, ne s'apperçut qu'il maugréait des menaces de mort à mon encontre. Après avoir sorti un slip de bain de sa poche, il essaya de m'étrangler avec, mais saisissant un baril de lessive, je l'assommai promptement avec, avant de l'éradiquer complètement en l'empalant avec le tournebroche à agneaux.

     

    Un ange passa, et toute la joyeuse assemblée se regarda, un fond de mélancolie dans le regard : le retour d'un coup à la réalité d'un nouveau maquillage de cadavre en perspective n'enflammait personne.

    Tout le monde se mit néanmoins à la tâche, et l'affaire fût réglée en quelques minutes. Mais l'ambiance avait encore été gâchée par un jardinier piégé sous hypnose, dans le but de m'éliminer pour prendre dans un dur moment de défection de mon collègue, le contrôle du cabinet Pangloss et Petiot.

     

    A dessein, un jardinier un peu simplet avait été manipulé pour devenir une arme mortelle tueuse de médecin...

    Encore un coup de Khadafi...   Le salaud !


    Antilibyennement, votre rescapé d'une mort atroce,


    Marcel Petiot.


     

  • Redécorez votre intérieur avec un soupçon de bon goût, un peu de papier craft et quelques brins de persil

     Les mariages lancinants, dépourvus d'originalité se succèdent et ne se ressemblent pas en ce mois d'aout venteux.
     

     C'est en méditant à ce propos que mon pauvre esprit, tourmenté dans une tempêtes de monotonie formula bientôt l'hypothèse suivante : l'excentricité n'est absolument plus de mise au moment d'organiser la fête de l'union (et non la fête de l'oignon qui sera très prochainement sujet à moult débats) alors que la liesse découlant d'une journée à thèmes énigmatiques, colorés par l'étrangeté, la surprise et l'absurde renforcerait courageusement la mémorabilité de cet événement capital et voulu immortel dans la vie des principaux intéressés - ceci sans parler du plaisir des convives qui s'en verrait décuplé... 

     

     Mais passons au-dessus de cette pluie de conformisme pour nous arrêter au coeur d'une montagne verte et rousse du Honduras, pour savourer dans une nature fourmillante de vie, où animaux sauvages, insectes inquiétants et lianes grasses et noueuses, tricotent sur les arbres des collines ensoleillées, un édredon de verdure brillant qui entoure les hommes, les protège et les nourrit.
     
     Cependant, on apperçoit, du ciel, quelque part au milieu des reliefs qui dominent la courte plaine bordant le littoral, une vaste étendue jaune.

     Cette longue clairière, lacet clair en forme de 'g' au pied du mont Celaque, abrite le village de Glatoveteque peuplés de chasseurs et d'agriculteurs farouches depuis  des millénaires.

     Sergio Minouto y naquit au sein d'un honnête famille de pêcheur qui s'étaient trompés de vocation et qui avaient finalement la lourde tâche d'annoncer les nouvelles des uns et des autres à l'ensemble des habitants, le soir venu.
     
     Or le bambin gai et rieur, adulé de tous pour ses talents de barde eut, dès l'adolescence, l'ambition grandissante d'aller réussir sa vie ailleurs et pourquoi pas en Europe, afin d'y devenir un grand annonceur de nouvelles. Et Serge Minute devint ce que tout le monde sait : après l'échec du journal 'minute' il changea radicalement d'amitié politiques pour piger à 'l'humanité'.

     

     Découvrant le succès et la simplicité des journaux d'internet, il affectionna de plus en plus de réussir le cake aux olives et créa Dernière Minute (http://derniereminute.hautetfort.com/), phénomène majeur de la cyberpresse française actuelle. Racolé à la fois par les actionnaires du groupe Bolloré qui voulait en faire leur président directeur général et par la team chortler.com qui espérait relancer, grâce à sa plume, son entreprise en perte de dynamisme, il plongea dans le doute et finallement, coupant la poire en deux, signa un juteux contrat le liant avec adecco.

     

     Depuis, il avait sombré dans le vice de la manutention et du tri de chèques, et n'était plus le même homme.
     Ses amis les plus proches ne le reconnaissaient plus : il se passait chez lui, en boucle, le cédé de Philippe Risoli ('Cuitas les bananas' chez EMI) jusqu'au petit matin,  portait des chaussettes dépareillées et se maquillait régulièrement avec du ketchup.
     Il avait aussi décidé de ne plus utiliser de mots de plus de deux syllabes...  

     

     L'ayant récemment invité à venir passer pour une petite consultation de routine au cabinet, je fus en fait dépassé par l'improbabilité de la situation dans laquelle je plongeai en même temps que tout le cabinet, au moment où il prit place à l'intérieur d'un de mes confortables fauteuil Louis XV : après avoir émis quelques râles de fauve blessé, il se mit à couiner joyeusement.

     Tentant de l'hypnotiser en faisant balancer mon sthétoscope devant ses yeux en billes de loto, tout en pressant le plus possible sur la sonnette d'urgence de façon à faire intervenir, au plus vite, des infirmiers pour lui administrer quelques calmants, je ne fis qu'amplifier son agitation : il paraissait maintenant complètement tendu, crachotant ça et là des rognures d'ongles à la couleur indéfinissable...

    Et après s'être mis à mordre le fauteuil, dans lequel il s'était assis tremblotant cinq minutes avant, il se prit à aligner les pas et les déhanchements d'une danse du ventre endiablée à la fin de laquelle il se saisit d'une boîte de maquereaux au vin blanc, qu'il sortait de sa soutane, et, tel Popeye avec des épinards, la broya dans son seul poing pour en projeter le contenu au fond de son gosier. 

     Les infirmiers firent irruption et un déchaînement de violence d'abattit dans un bureau qui commençait à prendre les airs d'une petite droguerie de quartier qui viendrait de se faire cambrioler.


      
     Une semaine plus tard Serge me confiait qu'en fait il avait poussé un peu trop loin une enquète sociologique en totale immersion dans une famille de beaufs et qu'une dose trop puissante de grillades nudistes en camping à Maubeuge, bercée par 'Le petit bonhomme en mousse' lui avait quelque peu fait perdre la raison. Heureusement que des fragments de conscience avait permis de guider ses pas jusqu'à la clinique dans laquelle une lobotomie partielle l'avait pratiquement sauvé de la folie.
     

    En ce moment-même, il retrouve pleinement l'usage de sa moustache et se repose paisiblement sous les chênes du bois de Vincennes.

     

     Souhaitons-lui une agréable rentrée...    Votre missionnaire de la psychiatrie médiévale quant à lui, profite d'une clientèle assez rare de fin de mois d'aout, tout en songeant à ses prochaines vacances en Croatie.


        En vous épongeant le front,


               Docteur Petiot.